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AFCF dénonce le recul des libertés d’expression

dim, 09/13/2020 - 09:09

Ce samedi 12 septembre 2020, aux alentours de 10 heures, de grandes figures du mouvement associatif féminin en Mauritanie ont été empêchées par la police de tenir dans le parc de la commune de Tevrag-Zeina, une rencontre pour échanger sur la recrudescence des viols, des meurtres, des kidnappings et des violences dont sont victimes les femmes et les filles dans le pays en général et à Nouakchott en particulier.

Le parc de Tevrag-Zeina a toujours servi de lieu de prédilection pour les associations, les ong et les mouvements associatifs pour débattre et échanger sur les questions pendantes.

Notre rencontre est d’ordre pacifique comme les autres ont toujours été. Nous ne sommes pas de ceux qui portent atteinte à la sécurité, ni la stabilité, ni des amoureux de la violence. Par contre, nous militons et œuvre avec corps et âme pour la sécurité des personnes et de leurs biens.

Alors, nous tenons à dénoncer la série de violences enregistrées ces derniers temps surtout à Nouakchott-Nord (viol et meurtre de Moyma Mint Taleb Amar, viol de la mineure âgée de 7 ans par le malien qui a été libéré avant de quitter le pays sans aucune forme de procès, …). En plus, du viol de la fille (16 ans) par son oncle paternel à Nouakchott-Ouest, le kidnapping d’une autre fille à Trahil, alors qu’elle dormait entre ses deux parents à Nouakchott-Sud, sans compter des dizaines de cas de violences commisses à l’intérieur du pays dont beaucoup passent sous silence suite aux pressions tribales et autres formes.

La mesure prise aujourd’hui contre, les ONG et associations de défense de droits humains prouvent que nous sommes la cible d’une attaque qu’ont croyaient révolue.

La recrudescence des viols suivis de meurtres, de kidnappings, d’agressions sexuelles et de violences dont subissent les filles et les femmes est le point culminant d’un environnement de plus en plus préoccupant pour les défenseurs des droits humains et les ONG en Mauritanie.

Les autorités doivent immédiatement mettre fin à ce genre de décisions et assurer le plein respect du droit à la liberté d’association et d’expression protégé par la Constitution.

Suite à cette mesure prises aujourd’hui, L’Association des Femmes Cheffes de Famille (AFCF) exprime sa vive préoccupation face à cette grave violation du droit à la liberté d’association et exhorte le gouvernement de s’abstenir de toute autre forme de harcèlement contre les associations qui militent pour le droit de la femme, de la fille et de tout autre être humain.

Dans le contexte, AFCF souligne qu’il est essentiel que le droit à la liberté d’association soit pleinement respecté, en reconnaissance du rôle essentiel joué par les ong et les associations pour assurer le rôle qu’elles jouent pour accompagner le gouvernement véritablement représentatives et libres.

Nous sommes des ong et des associations avec la vocation de protéger les personnes victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

Nous soulignons aussi que des crimes défraient la chronique au moment où un projet de loi réprimant la violence faite aux femmes, élaboré conjointement par les ministères de la Justice, des Affaires Islamiques et le Ministère des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille (MASEF), depuis plusieurs mois, reste bloqué devant les parlementaires depuis quelques mois

Au nom de l’Alliance et des associations de défenseurs des droits humains et de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, nous lançons un appel au président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani d’intervenir pour la garantie de la sécurité et de garantir aux victimes leurs droits.

Source : AFCF (Mauritanie)